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Vallée du Rhône 2011 marque un retour à la prospérité

Publié le jeudi 10 mai 2012 - 17h27

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Les stocks des vins de la vallée du Rhône à fin juillet 2011 ont atteint un niveau historiquement bas. Le chiffre d’affaires à l’export renoue avec son record historique de 2007. Les cours du vrac permettent enfin aux vignerons de gagner leur vie. Des résultats d’autant plus encourageants que le contexte économique reste morose...

De gauche à droite: Michel Bernard, Christian Paly et Bernard Angelras. © A. AUTEXIER

De gauche à droite: Michel Bernard, Christian Paly et Bernard Angelras. © A. AUTEXIER

L’économie est une suite de cycles et la viticulture rhodanienne n’échappe pas à la règle : 2011 marque un véritable tournant dans la santé du vignoble. « La crise du début des années 2000 nous avait plongés dans une suite de déséquilibres », a expliqué Christian Paly, président d’Inter-Rhône, lors d’une conférence de presse organisée à Paris. « Depuis 2009, nous sommes à la reconquête des marchés et de la valorisation perdue. Avec 2011, nous renouons enfin avec les records d’avant la crise viticole. »

Tous les indicateurs sont désormais au vert : les stocks ont atteint un niveau historiquement bas au regard des dix dernières années avec 2,3 millions d’hl (Mhl) au 31 juillet 2011. L’année 2011 confirme aussi un retour à l’équilibre entre production et commercialisation. À l’export, la vallée du Rhône enregistre une progression de 19 % en valeur par rapport à 2010, année qui était elle-même en progression. « Il y a trois ans, je m’étais fixé comme objectif d’atteindre 30 % de commercialisation à l’international. Nous n’en sommes pas loin avec 28 % », a précisé le responsable professionnel.

Du côté des cours du vrac, le marché renoue avec des prix conformes aux seuils de rentabilité. « Nous sommes à 110 €/hl de moyenne pour l’AOC Côtes-du-Rhône et autour de 90 €/hl pour les satellites », a développé Christian Paly, qui a toutefois rappelé que « les niveaux actuels ne permettent pas encore à la production de recapitaliser après des années de crise ». Rappelons qu’au creux des années difficiles, le CDR était tombé à moins de 80 €/hl…
Interrogé sur le point de savoir si la revalorisation du vrac allait continuer, le président d’Inter-Rhône a juste remarqué que « les niveaux de prix d’avant la crise viticole ne sont pas encore atteints… ». À l’époque, le CDR se situait à 120 €/hl et à 100 €/hl pour les satellites.

Parmi les vagues porteuses pour le vignoble : l’essor du rosé. « En 2004-2005, cette couleur représentait à peine 8 % de notre production. En l’espace de six campagnes, nous atteignons désormais 14 % », a poursuivi l’analyste. Certaines appellations se sont spécialisées sur cette couleur, notamment le Lubéron où 48 % des volumes sont vinifiés en rosé.
En grande distribution, les ventes de rosés de la vallée du Rhône progressent de 11,5 % en 2011. C’est mieux que la moyenne des rosés d’appellation en hausse de 6,5 %.

L’ensemble de ces bons résultats fait voir l’avenir en rose. « Les premières tendances sur 2012 montrent que nos positions se maintiennent en grande distribution française et que nous nous développons à l’export. La seule inquiétude que nous pourrions avoir concerne nos sorties de chais, plutôt atones en ce moment. Mais, il faut rappeler que nous sortons de deux petites récoltes. Aussi, on ne peut pas sortir des vins qui n’existent pas… »

 

Observatoire du marché du bio : une équation à plusieurs inconnues

Avec 285 entreprises certifiées bio (250 caves particulières et 35 coopératives), le vignoble de la vallée du Rhône représente 8 % des surfaces bios au niveau national, ce qui en fait le deuxième vignoble d’AOC bio français. Depuis trois ans, l’interprofession a mis en place un observatoire de ce marché. Actuellement, 5 000 ha sont cultivés en bio. La moitié est déjà certifiée, l’autre est en conversion. Les cours des vins bio bénéficient aujourd’hui d’une valorisation en moyenne 30 % supérieure à celle des vins conventionnels. Quand on sait que le passage en culture bio entraîne une augmentation des coûts de production d’environ 20 à 25 %, on se dit que les efforts produits sont pour le moment récompensés. Le problème est que, d’ici trois ans, le marché va voir ses volumes doubler. Reste à savoir si la valorisation sera toujours au rendez-vous…

 

A. A.

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