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Val de Loire La guerre des aires

Publié le mercredi 03 juin 2015 - 13h47

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Les deux piliers de l’AOC Montlouis-sur-Loire sont en guerre contre le syndicat de Vouvray. Ils veulent continuer à vinifier leurs vouvrays à Montlouis, ce qui est interdit par le cahier des charges.

François Chidaine, président du syndicat de Montlouis, vinifie ses vouvrays à Montlouis. ©I.PROUST

François Chidaine, président du syndicat de Montlouis, vinifie ses vouvrays à Montlouis. ©I.PROUST

Depuis 1938, Montlouis-sur-Loire est une AOC située juste en face de Vouvray, sur la rive sud de la Loire. Montlouis a construit sa réputation en particulier grâce aux vins de Jacky Blot et de François Chidaine. Ceux-ci ont aussi des vignes en AOC Vouvray, dont ils vinifient les raisins à Montlouis. Or, le cahier des charges de l’AOC Vouvray est très clair : l’aire de production et de vinification ne comprend pas Montlouis-sur-Loire.

UNE DÉROGATION JUSQU’EN 2013

« Cela a toujours été ainsi, indique Jean-Michel Pieaux, président du syndicat des vignerons de Vouvray. Jacky Blot avait obtenu de l’Inao une dérogation jusqu’aux vendanges 2013. Il y a un an, je lui ai notifié par écrit qu'il devait se mettre en conformité. François Chidaine a, lui, vinifié ses vouvrays dans l’aire de l’AOC jusqu’en 2012. Depuis, il les vinifie à Montlouis. Tous deux savaient qu’ils allaient être contrôlés, comme tout opérateur. L’Inao leur a signifié ce manquement. »

Les deux vignerons montlouisiens ne peuvent donc plus vendre leurs vouvrays sous cette appellation, mais en vins de France. Ils dénoncent l’intransigeance du syndicat de Vouvray. « Cela fait six mois que l’on négocie, que l’on demande une modification du cahier des charges, mais ils ne veulent rien entendre », déplore François Chidaine, président du syndicat de Montlouis et de la FAV 37, qui exploite 10 ha en Vouvray. Il souligne que « le cahier des charges de Vouvray autorise la vinification à Nazelles-Négron, à 13 km de Vouvray, alors que Montlouis n’est qu’à 2 km à vol d’oiseau. J’estime que le syndicat a la volonté de nous nuire. »

UNE ÉVOLUTION DU CAHIER DES CHARGES

Pour Jacky Blot, qui possède 5 ha en Vouvray, l’attitude du syndicat de Vouvray relèverait d’une certaine « jalousie ». « Pour les amateurs éclairés, l’image de Montlouis a dépassé celle de Vouvray. Le syndicat a voulu nous punir de notre réussite. » Le vigneron a mis au parfum ses clients, des blogueurs et prescripteurs. « Mes vouvrays en vin de France, je suis obligé de les vendre au même prix qu’avant. Ils sont avec nous. »

Jacky Blot et François Chidaine sont déterminés « à porter l’affaire en justice. » Jean-Michel Pieaux se dit prêt à « porter la discussion en conseil d’administration sur une évolution du cahier des charges. Mais une telle décision n’est pas anodine. Et on n’ouvre pas une aire géographique pour deux vignerons seulement. »

Ingrid Proust La Vigne - Vitisphere

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