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Sancerre  Non au détournement de notoriété

Publié le vendredi 24 avril 2015 - 16h47

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Lors du congrès de la Cnaoc à Sancerre le 23 avril, le syndicat de cette appellation a réalisé une mise en scène spectaculaire pour rappeler au ministre de l’Agriculture qu’il veut pouvoir interdire les plantations de vignes IGP à proximité de son aire de production. Une revendication soutenue par la Fédération des Unions viticoles du Centre-Loire.

Le 23 avril, lors du congrès de la Cnaoc, à Sancerre (Cher), les viticulteurs locaux ont rappelé leur opposition à la plantation d’IGP à leurs portes. © B. COLLARD

Le 23 avril, lors du congrès de la Cnaoc, à Sancerre (Cher), les viticulteurs locaux ont rappelé leur opposition à la plantation d’IGP à leurs portes. © B. COLLARD

Pour un peu, on se serait cru entrer chez un concessionnaire qui avait pris ses aises tant il y avait de tracteurs garés de part et d’autre du petit chemin qui mène aux caves de la Mignonne, à Sancerre. Mais il s’agissait de bien autre chose. Au bout du chemin, une large banderole indiquait en grandes lettres noires : « Non au détournement de notoriété ». Et chaque tracteur était équipé d’une charrue.

© B. COLLARDC’est la manière qu’ont choisie l’Union viticole sancerroise et la Fédération des Unions viticoles du Centre-Loire (FUVC*) de mettre en grade l’administration : les vignerons de Sancerre, de Pouilly et des autres crus de la région n’hésiteront pas à aller arracher les plantations nouvelles de sauvignon ou de pinot noir qui se feront à proximité de leurs aires d’appellation. Même s’ils ne veulent pas en arriver là.

UNE RÉGLEMENTATION INSUFFISANTE

« La réglementation nous permet d’empêcher les plantations d’IGP à l’intérieur de nos aires pour éviter le risque de détournement de notoriété. Ce n’est pas suffisant, souligne Alain Cailbourdin, président de la FUVC. Nous voulons également empêcher de telles plantations à proximité de nos aires pour les cépages qui nous concernent, à savoir le sauvignon et le pinot noir. »

« Il ne faut pas se voiler la face, renchérit Denis Vacheron, vigneron à Sancerre. Le risque, c’est aussi de voir les vins produits en IGP remplir les cuves d’appellation. Autoriser des plantations d’IGP à proximité des aires d’appellation, c’est encourager la fraude. »

Principal destinataire de ces messages : Sébastien Couderc, conseiller de Stéphane Le Foll pour les filières végétales. Ce 23 avril, il était venu représenter le ministère de l’Agriculture au congrès de la Cnaoc à Sancerre. Les viticulteurs du cru en ont profité pour répéter leurs revendications qu’ils avaient déjà formulées le 9 décembre dernier.

« En arrivant, vous avez vu un accueil particulier, lui a dit Gilles Gillerault, président de l’Union viticole sancerroise, lors de son allocution durant le repas auquel étaient invités tous les congressistes. La colère est grande dans le Sancerrois et aux alentours concernant le changement de régime des droits de plantation ».

DES CRAINTES JUSTIFIÉES

© B. COLLARDCe changement autorise 1 % de plantations nouvelles par an et par État membre. Les Sancerrois et leurs confrères redoutent que des opportunistes en profitent pour s’installer à leurs portes afin de tirer parti de leur notoriété. Ils en voient déjà les signes avant-coureurs. « 17 ha de droits nouveaux ont été demandés ces deux dernières années, en IGP Val de Loire alors qu’une quarantaine d’ha seulement sont plantés sur nos quatre départements. Et, comme par hasard, sur plus de vingt cépages autorisés dans cette IGP, seuls les sauvignons et le pinot sont demandés », a détaillé Gilles Gillerault.

« Depuis le début de la réforme, nous demandons que des outils soient mis à la disposition des régions qui misent sur un seul segment de l’offre, en l’occurrence l’AOC. Nous avons besoin de clarification. Nous souhaitons que le ministre de l’Agriculture précise les choses », a ajouté Bernard Farges, président de la Cnaoc.

Mais son représentant est resté vague : « Nous allons encore travailler sur la question du détournement de notoriété hors de la zone de production des AOC. »

Après le repas, les discussions entre l’administration et les membres de la Cnaoc sont allées bon train, sans qu’il soit possible d’en connaître la teneur. À la fin de la journée, Alain Cailbourdin avait bon espoir d’obtenir gain de cause.

*La FUVC regroupe les Châteaumeillant, Coteaux du Giennois, Pouilly Fumé, Pouilly-sur-Loire, Menetou-Salon, Sancerre, Quincy et Reuilly.

Bertrand Collard La Vigne - Vitisphere

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