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Saint-Émilion Contrôles renforcés pour l’appellation grand cru

Publié le mercredi 15 mai 2013 - 16h16

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Les viticulteurs de Saint-Émilion (Gironde) ont adopté un train de mesures visant à tenir la promesse de qualité de l’appellation Saint-Émilion grand cru. Tous les lots mis en bouteilles seront contrôlés après la mise.

« Le débat a été musclé voire violent, mais je me félicite qu’il ait eu lieu. Nous voulons éliminer les 20 % de vins qui ne tiennent pas la promesse de l’appellation Saint-Émilion grand cru. Nous avons donc décidé de renforcer les contrôles. » Jean-François Quenin, le président du conseil des vins de Saint-Émilion, l’ODG, est formel. Après quatre heures de débat musclé en assemblée générale le 14 mai, 170 viticulteurs ont finalement donné leur blanc-seing aux mesures présentées par leur syndicat.

Près de 60 % des votants ont approuvé le plan concocté depuis deux ans par leurs dirigeants. Quels sont les contours de ce dispositif ?

D’abord, des mesures en amont qui relèvent du conseil des vins de Saint-Émilion. Tous les volumes mis en bouteilles devront lui être signalisés. L’ODG les comparera avec les volumes revendiqués chaque année par les viticulteurs pour voir si de vieux millésimes restent en vrac.

Par ailleurs, le conseil va proposer un timbre de garantie permettant l’authentification des vins. De quoi de se prémunir contre les contrefaçons. Le dispositif sera volontaire.

Concernant le volet qualité, le conseil va former les dégustateurs (une soixantaine) afin qu’ils soient en mesure de juger la qualité des vins lors des contrôles internes, selon des critères qui restent à définir. « Jusqu’à maintenant, les dégustateurs jugeaient seulement l’absence de défaut des vins. Or, le saint-émilion grand cru, c’est une promesse de qualité. Nous allons définir des échantillons de calage qui seront les limites à ne pas franchir en termes de qualité », explique Franck Binard, directeur du syndicat.

De plus, le syndicat achètera 360 échantillons par an, en grandes surfaces ou chez les cavistes, pour les déguster. Le résultat sera transmis aux viticulteurs.

« Toutes ces mesures ont un effet important pour la connaissance de l’appellation. C’est aussi le moyen d’aller vers le viticulteur et de lui permettre d’améliorer la qualité de son vin le cas échéant », indique Franck Binard.

Deuxième volet de ce plan, le renforcement du contrôle externe exercé par Quali-Bordeaux. Tous les lots mis en bouteilles seront contrôlés après la mise. Ce qui devrait représenter un millier de dégustations. Si l’un de ces lots n’est pas accepté lors de ce contrôle, le viticulteur subira un contrôle renforcé : tous ces lots seront dégustés avant la mise en bouteille.

Autre mesure : le contrôle systématique de tous les lots rendus mise au négoce, avant la mise en bouteilles.

Enfin, les bouteilles seront contrôlées après cinq ans de vieillissement. L’objectif étant de bien montrer que l’appellation Saint-Émilion grand cru tient sa promesse d’une bonification dans le temps. Pour cela, Quali-Bordeaux mettra des scellés sur quelques bouteilles pour les déguster cinq ans plus tard.

Les mesures qui sont du ressort du syndicat entreront en application en septembre prochain. Celles qui relèvent de Quali-Bordeaux seront opérationnelles en septembre 2014.

Ce plan coûtera 16 euros par hectare aux viticulteurs. Ce qui est loin de les réjouir. « Cette réforme est sans doute nécessaire, mais on nous rajoute une taxe et nous avons le sentiment de payer pour ceux qui ne font pas un travail d’une grande qualité. Cela crée une ambiance délétère », lâche Paul Carrille, du château Cardinal Villemaurine, qui produit quelque 25 000 à 35 000 bouteilles par an sur 7 ha.

Colette Goinère

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