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Réactions au recensement agricole « Pas assez de structures commerciales »

Publié le mardi 20 septembre 2011 - 15h20

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Interviewé par « La Vigne », Bernard Magrez, propriétaire de 37 domaines, commente les chiffres du recensement agricole, publiés sur notre site le 15 septembre dernier.

Bernard Magrez est propriétaire de 37 domaines viticoles dans le Bordelais, le Languedoc-Roussillon et à l'étranger. © M. MAMONTOFF

Bernard Magrez est propriétaire de 37 domaines viticoles dans le Bordelais, le Languedoc-Roussillon et à l'étranger. © M. MAMONTOFF

Le recensement montre que 11 % du vignoble a disparu entre 2000 et 2010, de même que 15 % des exploitations viticoles professionnelles.

« Cette baisse est en adéquation avec la perte de volume des vins de consommation courante, estime Bernard Magrez. Tous les professionnels constatent que l’on boit moins mais mieux. Et depuis treize à quatorze ans, un autre phénomène est apparu. Le vin est devenu un produit de statut social. On sort telle bouteille pour flatter son ego. De ce fait, on met 4 à 5 euros par bouteille là où on mettait 2 à 3 euros avant, ce qui réduit d’autant la consommation, car le budget vin d’un foyer reste stable. »

Bernard Magrez constate lui-même la disparition d’exploitations viticoles. Il est parfois contacté par des vignerons situés dans des appellations prestigieuses qui souhaitent vendre leurs vignes car ils ne dégagent pas assez de marge.

« Je vois des viticulteurs qui ont fait des efforts qualitatifs importants, qui produisent des vins de qualité et qui ne sont pas récompensés de leur investissement, car ils n’ont pas la structure commerciale pour vendre, regrette-t-il. Ils vendent souvent en dessous de leur prix de revient et ne peuvent plus continuer. »

Quelles pourraient donc être les opportunités pour les petits vignerons ?

« Je pense que d’ici trois à cinq ans, dans le Bordelais, il y aura de beaux projets à monter dans l’œnotourisme. Un vigneron peut monter une maison d’hôtes et vendre ses vins aux touristes qui viennent chez lui à un prix rémunérateur. Il peut ainsi disposer d’un fichier de clients fidèles. C’est une vraie voie de développement. J’ai d’ailleurs moi-même investi dans l’œnotourisme de luxe il y a cinq ans. Comme je viens de le dire, le vin est devenu un produit de statut. Certains amateurs veulent montrer qu’ils ont compris quelque chose de compliqué. Et pour cela, il faut se rendre sur le terrain et déguster de nombreux vins. L’œnotourisme répond à cette demande. »

A. L.

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