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Languedoc Les chantiers de l’AOC Corbières

Publié le vendredi 27 mars 2015 - 09h18

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Trentenaire cette année, l’AOC Corbières continue sa mutation pour mieux tirer parti de son terroir. Au programme : hiérarchisation de l’offre et nouveaux cépages inscrits au cahier des charges.

« L’AOC Corbières attend la commission technique de l’Inao pour valider sa demande de créer une appellation Corbières-Villages. » ©L.LECARPENTIER

« L’AOC Corbières attend la commission technique de l’Inao pour valider sa demande de créer une appellation Corbières-Villages. » ©L.LECARPENTIER

La plus grande appellation du vignoble languedocien (environ 10 000 ha, 438 000 hl, soit 41 % du volume total des AOC du Languedoc) opère une mutation depuis plusieurs années. « À 30 ans, l’AOC a atteint sa maturité, assure Xavier de Volontat, président du syndicat de l’AOC Corbières. Nos vins ont autrefois été critiqués pour leur rusticité mais des vignerons ont su tirer parti de certains terroirs. »

C’est dans cette perspective que l’ODG avait fait reconnaître en 2005 l’AOC Corbières-Boutenac. L’année dernière, le syndicat a demandé à l’Inao de créer une appellation « villages » ainsi qu’une appellation communale Durban. « Une commission de l’Inao va se déplacer mi-juin sur le terrain pour constater la réalité de notre demande. 100 000 à 120 000 hl seraient concernés. Il ne s’agit pas d’une microproduction ! » Le président du syndicat espère pouvoir vendre ces vins d’ici trois ans autour de 150 €/hl. « Nous allons ainsi tirer les autres vins vers le haut ! » affirme Xavier de Volontat.

D’AUTRES CÉPAGES, NOUVEAU OU REVENANT

Autre chantier, celui des cépages. L’AOC Corbières demande à l’Inao d’inclure le marselan dans son cahier des charges pour les rouges. « Il présente des caractéristiques très intéressantes : peu de mortalité, moins de sensibilité aux maladies et plus de régularité de production. » Sans compter ses qualités organoleptiques qui permettent de produire des vins aux « tanins croquants ».

En rosé, l’AOC Corbières aimerait faire revenir le grenache gris, sorti de l’appellation en 2003. « À l’époque, le marché des rosés était dans le creux de la vague. Aujourd’hui cette couleur est très demandée, nous voulons coller à l’évolution des consommateurs. »

L’appellation affiche en 2014 une belle santé qui lui permet de valoriser ses vins à 105 €/hl. « Nous voudrions gagner 20 euros de plus d’ici deux ou trois ans », précise Xavier de Volontat.

En grande distribution, où les ventes ont augmenté en valeur (7,5 %) et en volume (10,8 %), ce sont les références à plus de 3 euros le col qui progressent le mieux (+ 74 % en deux ans pour les bouteilles vendues 4 à 5 euros et +37 % sur la même période pour les cols à plus de 5 euros).

Emilie-Anne Jodier
La Vigne - Vitisphere

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