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La protection des AOC Le nouveau combat de la Cnaoc

Publié le jeudi 19 mai 2011 - 14h33

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Après la défense des droits de plantation, la Cnaoc s’attaque aux usurpations et aux contrefaçons d’AOC. Ce fut le sujet du congrès de la confédération des syndicats d’AOC à Bordeaux, le 18 mai.

Pierre Aguilas lors de son discours de clôture du congrès de la Cnaoc à Bordeaux, le 18 mai 2011. © B. COLLARD

Pierre Aguilas lors de son discours de clôture du congrès de la Cnaoc à Bordeaux, le 18 mai 2011. © B. COLLARD

Plusieurs orateurs ont présenté des étiquettes montrant que les contrefacteurs n’ont peur de rien. Parmi les perles montrées aux congressistes : un « château Opéra, premier grand cru, appellation graves contrôlée, Bordeaux supérieur » ; le tout sur la même étiquette !

En fait, c’était un vin thaïlandais que l’Inao a fait interdire. Autre exemple : ce vin trouvé dans un commerce chinois, à l’étiquette entièrement rédigée en idéogrammes, sauf ces deux mots : « Graves Pomerol », deux AOC bien distinctes ! Également disponible en Chine : un « Cognac wine ».

Les experts invités par la Cnaoc ont souligné la différence entre l’usurpation et la contrefaçon. La première est malheureusement légale. Les États-Unis autorisent ainsi l’emploi de « champagne » et de « burgundy » pour des vins produits sur leur territoire.

L’Arménie autorise l’emploi de « konyak » et le Brésil celui de « conhaque ». Ces pays considèrent que ces termes désignent des styles de vins ou d’eaux-de-vie et non des produits issus de Champagne, de Bourgogne ou de Cognac.

Des noms d’appellation servent aussi à désigner tout autre chose : des chaussures couleur cognac, par exemple. Une initiative d’Eram attaquée par le Bureau interprofessionnel du Cognac.

La lutte contre de telles pratiques porte ses fruits. Jean-Luc Barbier directeur général de l’interprofession champenoise (CIVC) a ainsi montré la progression continue, depuis les années cinquante, du nombre de pays ayant accepté de protéger le mot « champagne ». Derniers en date : la Chine, puis l’Inde.

Derniers à ne pas le faire : les États-Unis, l'Argentine, le Brésil et la Russie et ses satellites. Mais le CIVC voit se profiler un accord la Moldavie et l’Ukraine.

Les progrès en matière de protection s’accomplissent de plus en plus à l’occasion de la signature d’accords de libre-échange entre l’Union européenne et un pays tiers. C’est ce qu’a expliqué Nicolas Verlet, chef de bureau à la direction générale de l’agriculture de la Commission européenne.

La protection des indications géographiques n’est qu’une infime partie de ces accords. Pour autant, elle n’est jamais oubliée a assuré Nicolas Verlet : « La politique de l’Union européenne c’est de défendre autant d’IG que l’on peut. »

À la différence de l’usurpation, la contrefaçon est une fraude. Elle consiste à faire passer pour une authentique AOC, un vin ou une eau-de-vie qui n’en sont pas.

Dans ce domaine, tous les intervenants ont montré la Chine du doigt. Les autorités de ce pays sont engagées dans la lutte contre la contrefaçon, mais les initiatives des fraudeurs sont innombrables. D’où la priorité pour la Cnaoc de protéger les appellations.

En Chine, bon nombre des contrefaçons visent les vins de Bordeaux. Bernard Farges, président du syndicat des bordeaux et bordeaux supérieurs, a présenté les mesures prises par sa région pour lutter contre ce fléau dont un registre des étiquettes authentiques consultables via les smartphones et un « suivi aval de la contrefaçon ».

En fait, il ne suffit pas d’obtenir des accords de protection, encore faut-il les faire appliquer. Ceci suppose une volonté et vigilance constantes de l’administration et de la profession. A ce titre, la Cnaoc demande « que l’Inao se recentre sur ses missions de contrôle et de protection ».

Mise au point sur le budget

L’Inao consacre tous les ans 300 000 euros à la défense des appellations. Des responsables syndicaux jugent cela très insuffisant. Jean-Louis Buer, directeur de l’Inao a répondu s’en est expliqué : « Le budget de l’institut, c’est 20 millions d’euros dont la quasi-totalité sert à payer les charges de personnel. Sur 20 millions d’euros, 2,5 millions seulement sont consacrés à des actions. La défense des appellations représente donc 12 à 15 % du budget action. Constatant que le coût des actions entreprises pour défendre les appellations, il invite les organisations professionnelles à les partager et à définir les actions prioritaires pour l’Inao.

B. C.

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