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Gironde Le moral dans les chaussettes à cause de la pluie

Publié le mercredi 22 mai 2013 - 15h12

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Les pluies incessantes pénalisent les viticulteurs girondins. Karl Todeschini, à la tête de deux châteaux à Saint-Émilion, en côtes de Castillon, fait le décompte des interruptions et retards qu’il subit dans les travaux à la vigne. Le moral de ses salariés en souffre. La situation devient alarmante.

« La pluie nous pénalise fortement pour tous les travaux mécaniques. Nous ne pouvons pas pénétrer dans les parcelles », constate, impuissant, Karl Todeschini qui exploite les châteaux Mangot, 34 ha en Saint-Émilion grand cru, et La Brande, 25 ha en Castillon-Côtes de Bordeaux.

Ce viticulteur fait la liste des problèmes qu’il rencontre du fait de ces pluies qui ne cessent de tomber sur la Gironde, à commencer par le désherbage mécanique. Habituellement, il passe quatre fois par an avec des lames intercep pour nettoyer sous les rangs de vigne. À cause des sols détrempés, impossible de pénétrer dans les parcelles. Karl Totodeschini a fait ses comptes : il a déjà trois semaines de retard sur le désherbage. « Nous sommes sur des terrains argilo-calcaires en coteaux. On ne peut pas mettre la sécurité du personnel en jeu », confie-t-il.

Autre problème qu’il juge « majeur » : l’impossibilité de réaliser les traitements phytosanitaires (cuivre et soufre). « On aurait dû traiter il y a quatre jours, mais les sols n’ont pas le temps de sécher entre deux averses. Du coup, on risque les attaques de mildiou et d’oïdium. »

Ce n’est pas tout. La pluie a également des conséquences sur l’épamprage. En temps normal, un tracteur doté d’une épampreuse réalise le travail sur l’ensemble du vignoble. Or, la machine ne peut pas passer dans les vignes. Le viticulteur a donc été obligé d’embaucher en catastrophe six saisonniers qui vont réaliser l’épamprage, et ce pendant trois semaines. La note sera salée.

De même, les conditions climatiques retardent les plantations. Karl Todeschini avait l'intention de planter 1,5 ha. Un projet suspendu.

À cela s’ajoute un facteur humain. « Depuis novembre, il ne cesse de pleuvoir. Non seulement le personnel a le moral dans les chaussettes mais, en plus, le travail progresse moins vite. J’essaie d’être très à l’écoute de mes salariés », indique-t-il.

Ce 22 mai après-midi, la pluie ne semble pas au rendez-vous. Il y a un léger vent de nord. Le viticulteur va en profiter pour tenter de traiter 3 ha, là où les parcelles qui comportent des rochers ont commencé à sécher. Le tracteur ne devrait pas s’y embourber.

Colette Goinère

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