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Gaillac  Dernière ligne droite pour une usine de méthanisation des marcs

Publié le lundi 20 octobre 2014 - 14h44

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À Gaillac (Tarn), la SAS Vinométha projette de construire une unité de méthanisation. Celle-ci transformera la totalité des marcs de raisin de ce vignoble, après distillation, en gaz méthane et en digestat qui servira d’amendement. L’enquête publique s’est terminée le 18 octobre.

« Notre objectif est de méthaniser tous les marcs issus du bassin viticole gaillacois, et que le digestat produit revienne à la vigne comme amendement organique, explique Jean-Marc Laclau, président de la SAS Vinométha – qui porte le projet –, et de la Société des alcools du Tarn (SAT), le distillateur. À la SAT, nous distillons tous les marcs des caves de Vinovalie (caves de Rabastens et de Técou), de la Cave de Labastide de Lévis et des vignerons indépendants du Tarn. Nous fabriquons de l’alcool pur à plus de 94° qui est utilisé par Total pour ses biocarburants. Une fois épuisés, les marcs passeraient dans l’unité de méthanisation. »

LES MARCS ÉPUISÉS DU BASSIN TRANSFORMÉS
10.000 tonnes de marcs épuisés sortent chaque année de la SAT. Y seraient ajoutées 7 à 8.000 tonnes de paille, d’herbe, de cultures dérobées et de fumier, achetés aux agriculteurs par Vinométha, pour compléter l’approvisionnement du méthaniseur. « Mais il n’y aura aucun déchet d’abattoir, précise Jean-Marc Laclau. Ni de lies de vin, en tout cas dans un premier temps, car nous avons choisi la méthanisation par voie sèche, et l’apport de lies compliquerait le processus. Ça se fera peut-être dans un deuxième temps. »

DU MÉTHANE INJECTÉ DANS LE RÉSEAU
L’unité de méthanisation sera implantée dans la zone d’activité de Montans, près de Gaillac, sur un terrain appartenant à la communauté de communes Tarn et Dadou, qui soutient le projet. Le site a été choisi parce qu’une canalisation de gaz de TIGF, société qui transporte et distribue du gaz naturel dans le grand Sud-Ouest, passe à proximité. Le méthane produit sera injecté dans ce réseau, évitant ainsi des coûts élevés de raccordement.

UN AMENDEMENT ORGANIQUE À 50 EUROS LA TONNE
Les 15.000 tonnes de digestat produites par l’unité de méthanisation serviront d’amendement organique pour les vignes. Chaque viticulteur aura droit à une quantité correspondant à ses livraisons de marc. « Cet amendement sera vendu à prix coûtant, environ 50 €/t, soit six fois moins cher qu’un amendement traditionnel, détaille Jean-Marc Laclau. S’il en reste, les agriculteurs qui en voudront paieront, quant à eux, le prix fort. »

8 millions d’euros seront investis dans l’unité de méthanisation, dont 5 % provenant de la Maison des Vins de Gaillac, associée au projet. L’enquête publique s’est terminée le 18 octobre. Vinométha attend maintenant les autorisations de l’État. La construction prendra ensuite dix à douze mois.

Florence Jacquemoud

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