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Fronton Les techniques alternatives, ça marche !

Publié le vendredi 03 avril 2015 - 11h24

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La coopérative Qualisol, dans le Tarn-et-Garonne, a testé pendant cinq ans plusieurs solutions alternatives pour réduire les phytos. Les résultats qu’elle vient de dévoiler sont encourageants.

Cépage négrette sur la parcelle testée par Qualisol. ©Qualisol

Cépage négrette sur la parcelle testée par Qualisol. ©Qualisol

En 2010, la coopérative d’approvisionnement Qualisol, à Castelsarrasin, dans le Tarn-et-Garonne, a mis en place le projet Esa-Fullpack Vigne. L’objectif : tester en condition réelle et à grande échelle, chez un viticulteur, un ensemble de techniques alternatives aux produits phytosanitaires. Qualisol a mis en place cet essai sur le domaine de Lescure, à Labastide-Saint-Pierre, chez Fabien Cardetti.

Dans un premier temps (phase Esa, étude de solutions alternatives), les expérimentateurs ont mis à l’épreuve les alternatives sur une toute petite parcelle de négrette de 0,75 ha. Puis, comme ils obtenaient des résultats intéressants, ils sont passés à une plus grande superficie : 9 ha. Lors de cette deuxième vague de tests, appelée Fullpack, ils ont travaillé sur trois cépages : la négrette, le gamay et le sauvignon.

UN SUIVI HEBDOMADAIRE

Les expérimentateurs ont d’abord soigné l’équilibre de la plante par la fertilisation. Ils ont notamment apporté du calcium au sol, sous forme de plâtre et de gypse, pour stimuler les défenses de la vigne. Puis, en saison, ils ont pulvérisé sur les feuilles une calcite micronisée et du bore associé à des extraits naturels d’algues marines et à des acides aminés.

Pour lutter contre le mildiou, ils ont privilégié des stimulateurs de défense des plantes à base de phosphites. Ils les ont complétés avec des applications de produits de contact : cuivre, métirame-Zn, folpel. Ils ont aussi testé les Trichoderma et les huiles essentielles contre le mildiou et le botrytis. Contre les vers de la grappe, ils ont mis en place la confusion sexuelle et privilégié les Bacillus thurengiensis si des traitements de rattrapage étaient nécessaires. Pour raisonner les traitements, ils se sont servi des relevés météo et de la modélisation. Ils se sont également basés sur un réseau de piégeage pour appréhender la pression des tordeuses.

Chaque semaine, les expérimentateurs ont noté l’état sanitaire des vignes. Ils ont réalisé des analyses minérales végétales sur les jeunes fruits et le bois, puis calculé les rendements. Ils ont également effectué des microvinifications.

DES RAISINS FACILES À TRAVAILLER

Les résultats ? Pendant les cinq ans de suivi, les IFT (indice de fréquence des traitements) dans les modalités Fullpack et Esa étaient compris entre 7,7 et 14. Mis à part en 2014 pour la modalité Fullpack, ils étaient inférieurs à ceux du producteur. Dans la modalité Esa, l’état sanitaire des feuilles et des bois était identique à celui des vignes conduites par le producteur. L’état des grappes était meilleur. Le rendement brut était identique en 2010, 2013 et 2014 mais supérieur de 12 et 14 % en 2011 et 2012. Après le tri de la vendange, le rendement propre est supérieur de 8 à 44 % quatre années sur cinq dans la modalité Esa, ce qui donne des raisins beaucoup plus faciles à travailler.

Côté économique, sur la période 2012-2014, la marge brute a été supérieure en 2012 (+900 €) et 2014 (+600 €). Ce n’a pas été le cas en 2013 (- 400 €), une année exceptionnelle marquée par des chutes de grêle et des pluies intenses (900 mm).

Pour finir, les microvinifications n’ont pas donné de différences significatives. Mais Fabien Cardetti, le vigneron, a noté que ses vins à base de négrette étaient plus stables.

Florence Jacquemoud
La Vigne - Vitisphere

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