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Enfants intoxiqués en Gironde L'administration moins sûre d'elle

Publié le mardi 24 juin 2014 - 09h44

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Le traitement des vignes a-t-il intoxiqué des élèves d’une école primaire de Villeneuve (Gironde), le 5 mai dernier ? Un mois et demi après les faits, la Draaf Aquitaine reconnaît n’avoir que des suspicions. Seule certitude : sur les deux traitements utilisés ce jour-là contre l’oïdium et le mildiou, l’un était bio.

Le 5 mai, l'école primaire de Villeneuve était exposée à des traitements sur deux des propriétés vinicoles qui l'entourent. ©P. ROY

Le 5 mai, l'école primaire de Villeneuve était exposée à des traitements sur deux des propriétés vinicoles qui l'entourent. ©P. ROY

Le 5 mai dernier, vingt-trois élèves de l’école primaire de Villeneuve, dans le Blayais en Gironde, ont montré des signes d’intoxication alors que des traitements contre le mildiou et l’oïdium étaient pratiqués dans les vignes qui jouxtent l’école. Deux mois ont passé ; on en sait un peu plus sur les traitements eux-mêmes et sur les éventuels liens de causalité avec les symptômes observés chez les enfants.

Les traitements d’abord. Il y en a eu deux, sur deux propriétés différentes, voisines de l’école. La première est conduite en bio. Le 5 mai, son propriétaire y appliquait du cuivre et du soufre. La seconde propriété est en viticulture conventionnelle. Là, le traitement était composé d’Eperon, un antimildiou à base de mancozebe et mefenoxam, et de Pepper, un antioïdium à base de spiroxamine.

Question : les vomissements, diarrhées et maux de tête éprouvés par les enfants sont-ils dus à l’un des deux traitements ou au deux ? « Il n’est pas possible d’attribuer à l’un ou à l’autre des deux programmes la responsabilité exclusive des symptômes. Il n’est d’ailleurs pas formellement attesté un lien de causalité entre les symptômes observés et le phénomène en cause », explique la Draaf Aquitaine. En d’autres termes, l’administration ne peut pas affirmer que les traitements sont en cause.

Et d’ajouter : « Il n’y a que des suspicions qui reposent sur le fait que les symptômes décrits sont compatibles avec les phrases de risques rattachées aux produits utilisés en terme de risque d’irritation cutanée et oculaire. Dans ce cas, les deux programmes sont logés à la même enseigne ». Autant le traitement bio que le conventionnel étaient susceptibles de provoquer les symptômes observés chez les enfants. Le soufre est en effet irritant pour la peau et les yeux. L’Éperon peut provoquer des allergies et le Pepper des irritations de la peau.

Ces nouvelles conclusions de la Draaf sont marquées d’une plus grande prudence que les précédentes. Le 15 mai dernier, les conclusions de l’enquête qu’elle avait menée avec les services de l’Agence régionale de Santé, indiquaient en effet que « les effets connus des fongicides identifiés sont concordants avec les symptômes décrits ».

La préfecture de Gironde a mis en place plusieurs mesures à la suite de cet incident. Elle a fait une piqûre de rappel du règlement aux deux propriétaires concernés (Château Escalette et Château Castel la Rose), au travers d’un petit document qui leur a été adressé. Il y est écrit que les viticulteurs doivent « impérativement vérifier la compatibilité des opérations de traitements et les conditions de vent ». Pulvérisation et poudrage sont interdits quand le vent souffle à plus de 19 km/h.

De même, la préfecture a demandé à ses services d’engager une campagne de sensibilisation auprès des agriculteurs et de réaliser un recensement des sites sensibles, notamment les écoles. Enfin, un arrêté national portant sur ces sites sensibles est en cours d’élaboration.

Colette Goinère

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