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Droits de plantations Le négoce prône une régulation par les interprofessions

Publié le mercredi 14 mars 2012 - 12h40

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Depuis des mois que le débat sur les droits de plantation fait l’actualité, c’est surtout la production que l’on entend. Mardi 13 mars, l’Agev (Association générale des entreprises viticoles), qui représente le négoce français du vin, a exprimé son point de vue lors d’une conférence de presse. « Oui » à une « régulation de l’offre », mais à condition que ce soit de la compétence des interprofessions et non plus des organismes de défense et de gestion.

Ghislain de Montgolfier (au centre), président de l’Agev, entouré par Bruno Kessler et Allan Sichel, vice-présidents. © A. AUTEXIER

Ghislain de Montgolfier (au centre), président de l’Agev, entouré par Bruno Kessler et Allan Sichel, vice-présidents. © A. AUTEXIER

En négociateur averti, le Champenois Ghislain de Montgolfier, président de l’Agev, a démarré sa conférence de presse du 13 mars en demandant aux journalistes présents ce qu’ils avaient pensé du rapport d’Étienne Montaigne. Ce professeur d’économie a étudié les droits de plantation à la demande de l’Arev (Association des régions européennes viticoles), une organisation opposée à la libéralisation des plantations. Il a rendu son rapport le 2 mars.

Très vite, Ghislain de Montgolfier a répondu lui-même à la question qu’il avait posée : « On sent que l’auteur du rapport a eu beaucoup de mal à servir la conclusion commandée par l’Arev ». En clair : il n’a pas démontré que la suppression des droits conduirait à une catastrophe, comme le clame la production depuis des mois.

Pour autant, l’Agev n’est pas partisane d’un libéralisme à tous crins. « Il faut laisser aux États membres qui le souhaitent la possibilité de gérer leur potentiel de production », a expliqué Nicolas Ozanam, délégué général de l’Agev.

Pour les négociants, cette gestion doit être du ressort des interprofessions et non pas des ODG. De plus, elle doit concerner tous les vins et pas seulement les AOC.

« Le sujet de la régulation comprend les plantations mais pas seulement : les rendements, c’est aussi de la régulation économique, a ajouté Ghislain de Montgolfier. Les ODG doivent s’occuper des règles qualitatives. Quand elles s’occupent de quantitatif, elles outrepassent leur pouvoir. »

Allan Sichel, représentant du négoce bordelais, a d’ailleurs annoncé que le Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux a récemment pris une motion dans laquelle il affirme que la gestion des droits de plantations doit se faire au niveau de l’interprofession.

Reste une inconnue : comment coordonner, dans chaque vignoble, la régulation de la production des vins AOC, IGP et sans IG alors qu’aucune instance ne les regroupe.

C’est en 1976 que l’Organisation commune du marché (OMC) a introduit une interdiction temporaire de plantation afin d’éliminer les excédents. À noter que malgré cela, onze États membres, dont le Royaume-Uni et la Belgique, sont en régime de liberté des plantations.

Lors des négociations de l’OCM de 2008, les 27 États membres ont voté un règlement comportant vingt points parmi lesquels la sortie du régime de l’interdiction des plantations, au plus tôt en 2015 et au plus tard en 2018.

Sous la pression des organisations de la production, la Cnaoc en tête, plusieurs ministres ont écrit à la Commission européenne pour faire part de leur inquiétude quant à la disparition du régime des droits de plantation.

En réponse, la Commission a décidé de créer un groupe de travail de haut niveau sur le sujet. Elle doit rendre son avis d’ici la fin de l’année. Si la production obtient le maintien des droits de plantation, une guerre risque d’éclater à propos de leur contrôle.

A. A.

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