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Contrat vendanges  « Derrière sa suppression, c’est le travail au noir qui se profile »

Publié le vendredi 19 septembre 2014 - 08h39

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Alors que les viticulteurs éprouvent toujours des difficultés à réunir leurs équipes de vendangeurs, la Cnaoc rappelle son opposition à voir disparaître le contrat vendanges.

À l’occasion de la journée Vendanges organisée par la Cnaoc, Jean-Pierre Sermier (au premier plan), député de Dole (Jura) et ancien viticulteur, a mis la main à la pâte.

À l’occasion de la journée Vendanges organisée par la Cnaoc, Jean-Pierre Sermier (au premier plan), député de Dole (Jura) et ancien viticulteur, a mis la main à la pâte.

À la tête de 11 ha de vignes, Franck Vichet, président de la Société de viticulture du Jura, en consacre 6 au crémant, vendangés, comme il se doit, à la main. Un chantier qui lui donne toujours du fil à retordre. « J’ai commencé le lundi 8 septembre. 28 personnes étaient prévues. Seulement 20 sont venues. Dans le lot, j’ai dû en renvoyer deux. Ça ne m’était jamais arrivé. Il a fallu attendre le mardi après-midi pour réunir une équipe complète alors que je vendange en une semaine. Or, désormais, les gens ne font plus que 7 heures par jour. La dernière heure, c’est la misère pour les faire travailler. »

Frank Vichet a fait ses comptes : vendanger 1 ha à la main lui coûte 2.000 euros contre 500 euros à la machine. La disparition du contrat vendanges, envisagée par le gouvernement, serait le coup de trop.

LA CNAOC MOBILISÉE

Hors de question pour la Cnaoc. Pascal Bobillier-Monnot, le directeur du syndicat, l’a rappelé, le 18 septembre, lors d’un point d’actualité organisé dans le Jura. « Nous sommes à l’origine de ce contrat, a-t-il souligné. À l’époque, en 2002, il y avait une pénurie de main-d’œuvre. Le contrat vendanges a permis d’y remédier. Il est attractif car il est exonéré de cotisations sociales salariales et il est ouvert aux salariés en congés, y compris les fonctionnaires. Nous avons mobilisé les parlementaires sur ce sujet. »

Député-maire de Dole (Jura) et ancien viticulteur, Jean-Marie Sermier est prêt à livrer bataille. « Celui qui vendange a souvent un autre métier, a-t-il remarqué. Il paie déjà ses charges sociales. Il serait anormal qu’il paie deux fois pour sa protection sociale. »

L’élu a rappelé les conséquences négatives de la récente hausse des charges sur les emplois de service à la personne. « Depuis cette hausse, ces emplois sont en baisse. S’agit-il d’une baisse réelle ou dissimulée ? » a-t-il feint de s’interroger. Avant de mettre les pieds dans le plat : « Derrière la suppression du contrat vendanges, c’est le travail au noir qui se profile. »

Bertrand Collard

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