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Cognac Le négoce veut planter, la viticulture veut des garanties

Publié le jeudi 10 mai 2012 - 17h00

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Le cognac se rit de la crise. Ses ventes continuent leur progression, avec des sorties en hausse de 4,3 % durant l’année mobile arrêtée en mars 2012. Les eaux-de-vie vieilles commencent à manquer. Dans ce contexte, le négoce soutient « qu’il va falloir sérieusement parler de l’extension des surfaces plantées », selon un article paru dans « La Charente libre » le 9 mai.

Selon notre confrère « La Charente libre », le coup est venu de chez Hennessy. Ce quotidien explique que, début mai, Bernard Peillon, PDG de Hennessy, premier acheteur d’eau-de-vie de la région, s’est exprimé lors d’une réunion devant un millier de viticulteurs livreurs. « À un moment donné, il va falloir sérieusement parler de l’extension des surfaces plantées », a-t-il annoncé. La maison leader du cognac prévoit de doubler sa production d’ici 2020 pour la porter à 10 millions de bouteilles.

Chez Martell ou encore Royer, l’idée semble également faire son chemin. Certains évoquent un besoin d’accroissement de 7 000 à 8 000 ha, soit 10 % de la superficie actuelle. Cependant, à ce jour, le débat n’est pas officiellement lancé au sein du BNIC, l’interprofession du cognac. Il ne fait pas encore l’objet de discussions formelles entre la production et le négoce.

Cela n’empêche pas la viticulture de commencer à se positionner. « Une évolution du vignoble ne nous fait pas peur », assure Jean-Bernard de Larquier, représentant de la viticulture à l’interprofession. Mais il rappelle aussi qu’avec 75 000 ha, la surface du vignoble est « en phase avec les besoins du marché d’aujourd’hui. Nous avons distillé 760 000 hl cette année, alors que les sorties représentent 500 000 hl ». Cependant, il reconnaît que la production est proche du maximum possible. L’an dernier, les droits à produire se sont élevés à 11,05 hl d’alcool pur par hectare (AP/ha) alors qu’au maximum le vignoble peut produire 11,20 hl AP/ha. « Le débat sur la croissance du vignoble devra avoir lieu si le marché continue de croître... »

Mais les erreurs du passé sont dans toutes les têtes. Ainsi, dans les années 1970, le vignoble avait doublé ses surfaces. Cela a conduit ensuite à la pire crise de surproduction que le cognac ait jamais connue. Forts de cette douloureuse expérience, les viticulteurs attendent cette fois des signes clairs de la part du négoce.

« Nous sommes prêts à nous engager et à planter si le négoce s’engage lui aussi », souligne Jean-Bernard de Larquier. Il plaide pour des contrats décennaux, en rappelant que la plantation d’un hectare coûte 15 000 à 20 000 euros. « Si, ensuite, il n’y a plus de marché, cela ira déséquilibrer aussi les autres régions viticoles… »

M. G.

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