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Cnaoc  « Il faut pouvoir expérimenter de nouveaux cépages »

Publié le vendredi 24 avril 2015 - 18h35

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La Cnaoc demande aux pouvoirs publics de lever le principal obstacle à l’expérimentation de nouveaux cépages dans les AOC. Elle souhaite que les vins issus de ces cépages puissent bénéficier de l’AOC, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Congrès de la Cnaoc le 23 avril. Pascal Ferat (au micro), président du Syndicat général des vignerons de la Champagne, a affirmé la volonté de son syndicat d’expérimenter de nouveaux cépages ainsi que des variétés résistantes issues de l’hybridation. © B. COLLARD

Congrès de la Cnaoc le 23 avril. Pascal Ferat (au micro), président du Syndicat général des vignerons de la Champagne, a affirmé la volonté de son syndicat d’expérimenter de nouveaux cépages ainsi que des variétés résistantes issues de l’hybridation. © B. COLLARD

Donné pour immuable il y a peu de temps, l’encépagement des appellations est devenu un sujet de débat. La Cnaoc s’en est emparée lors de son congrès du 23 avril, à Sancerre (Cher), après avoir été longtemps focalisée sur la seule question des droits de plantation.

Et pour cause. Sur le terrain, plusieurs syndicats membres de la confédération veulent lancer des essais, Bordeaux notamment. Ils cherchent des réponses au changement climatique et au rejet croissant des traitements phytosanitaires par les Français. Ils veulent pouvoir tester des cépages issus d’autres régions, de nouvelles obtentions ou des variétés résistantes au mildiou et à l’oïdium.

La Cnaoc en prend acte. « Sur ce sujet, nous avons fait un choix, a déclaré Bernard Farges, président de la Cnaoc. Il n’est pas question de laisser aux autres segments de la viticulture [IGP et vins sans IG, NDLR] l’initiative d’innover. Les AOC sont un concept moderne. Il faut qu’il le reste. »

UN CHANGEMENT DE RÉGLEMENTATION NÉCESSAIRE

Mais pour que les expérimentations puissent avoir lieu, il faut un changement de la réglementation. À ce jour, les vins issus de cépages ne figurant pas dans le cahier des charges d’une appellation ne peuvent pas être vendus sous le nom de cette appellation. De quoi refroidir bien des velléités d’essais chez les viticulteurs.

« Nous demandons de pouvoir mener des expérimentations tout en revendiquant l’appellation pendant toute leur durée », a poursuivi Bernard Farges, s’adressant au représentant du ministre de l’Agriculture, invité au congrès.

Le comité national des vins AOC de l’Inao a franchi un pas dans ce sens en novembre dernier. Ses membres se sont prononcés à l’unanimité pour que des vins issus de programmes d’expérimentation de cépages puissent bénéficier de l’AOC.

« Le cahier des charges des AOC n’est pas un carcan inamovible, a convenu Éric Rosaz, responsable vin à l’Inao. On peut faire évoluer l’encépagement après une expérimentation d’au moins dix ans, en intégrant moins de 10 % de nouveaux cépages et en les assemblant obligatoirement avec les cépages du cahier des charges. »

Si l’Inao s’ouvre à l’expérimentation de nouveaux cépages, ce sera à son rythme : tout doucement !

Bertrand Collard La Vigne - Vitisphere

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