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Champagne En confiance face à la concurrence

Publié le lundi 19 octobre 2015 - 11h25

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Avec la croissance du prosecco, en Italie, et des effervescents, en France, les Champenois peuvent se sentir menacés sur le marché des bulles. Une conférence organisée à l’occasion du Viteff a cependant rappelé que tous ne jouent pas dans la même cour.

« L’effervescent italien, le prosecco, est essentiellement servi à l’apéritif, nature ou en cocktail. »

« L’effervescent italien, le prosecco, est essentiellement servi à l’apéritif, nature ou en cocktail. »

Le Champagne doit-il craindre la concurrence des autres vins effervescents, et notamment celle du prosecco ? « Non », a fermement répondu Pascal Férat. Le président du Syndicat général des vignerons de Champagne s’est exprimé lors de la conférence « Champagne-effervescents, même planète ? » qui s’est tenue au Viteff, le 16 octobre. « Le Champagne ne représente que 8 % des volumes de vins effervescents dans le monde, mais 45 % de la valeur, a-t-il rappelé. Les instants de consommation ne sont pas les mêmes. Pour les moments très festifs, le Champagne continue de primer. »

La croissance du prosecco, qui vient de passer le cap des 400 millions de cols, contre 300 millions pour le Champagne, ne laisse cependant pas les Champenois indifférents. « C’est vrai qu’en Angleterre, de nombreux établissements proposent du prosecco en apéritif depuis trois ans, témoigne Jérôme Philippon, président du directoire de Champagne Bollinger. Quand on boit du prosecco, on boit l’Italie et sa dolce vita. C’est un concurrent du Champagne au même titre que le gin ou les cocktails soft drink. Mais je suis très optimiste pour le Champagne. Notre survie ne tient pas dans le prix. Il faut nous recentrer sur un vin de luxe et cher. À nous de continuer à faire rêver ! »

« UNE ÉMULATION OÙ CHACUN TROUVE SA PLACE »

Pour Pierre du Couëdic, délégué général de l’UPECB (Union des producteurs et élaborateurs de crémant de Bourgogne), « il est compliqué d’expliquer au consommateur les différentes méthodes d’élaboration des effervescents, car tout le monde a adopté la coiffe. Le prosecco a opté pour le volume. Les producteurs de crémants ont fait le choix de l’identité et du prix. Le champagne reste, de toute façon, la référence. La multiplicité de l’offre en effervescents permet d’attirer le plus de consommateurs vers les bulles. On peut faire le parallèle avec les rues où il y a de nombreux restaurants. Cela crée une émulation où chacun trouve sa place. »

Le prosecco est-il un phénomène de mode ? « Oui, c’est un vin à la mode, confirme Claudia Nicoli, caviste italienne. C’est le vin des jeunes. Mais pour combien de temps ? » L’expérience du cava, lui aussi très en vogue dans les années 2000, montre les limites du développement en volume. « Nous nous sommes trompés en cherchant à faire du volume, explique Jaume Gramona, président de l’Institut du Cava. Certains opérateurs ont changé d’axe rapidement. C’est un long chemin que d’aller vers des marchés qualitatifs. »

 

Aude Lutun
La Vigne -Vitisphere

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