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Blaye - Côtes de Bordeaux  Une assemblée générale houleuse

Publié le vendredi 23 décembre 2011 - 11h21

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Le 22 décembre, les viticulteurs de Blaye - Côtes de Bordeaux ont adopté des cotisations à l’ODG en forte hausse après une assemblée générale où l’équipe dirigeante fut très chahutée. Le syndicat veut se donner les moyens de relancer les ventes.

Une salle pleine à craquer. Le 22 décembre, à 14 heures, l’assemblée générale du syndicat des Blaye - Côtes de Bordeaux s’est tenue dans une ambiance électrique. À l’ordre du jour, le sujet qui fâche : les cotisations. Des viticulteurs n’ont pas avalé les hausses que nécessite l’ambitieux plan des responsables de l’appellation destiné à contenir l’offre et à booster la demande. Au point de susciter la montée d’un groupe d’opposants. Le 22 novembre dernier, lors de la précédente assemblée générale, ils ont obtenu le rejet du plan du syndicat. Depuis, ce dernier a revu sa copie pour présenter une nouvelle proposition le 22 décembre.

En préambule, le président, Christophe Terrigeol, s’est empressé de faire son mea culpa « sur le manque de communication » autour du plan stratégique. Une piqûre de rappel s’imposait. L’explication des objectifs et moyens d’actions de ce plan à cinq ans va durer deux heures, ponctuée d’interruptions, de noms d’oiseaux adressés au directeur du syndicat, Jean Lissague, qualifié de « larbin » du président par une salle en colère, n’hésitant pas à lui demander des comptes sur ses voyages professionnels à l’étranger. Bref, on a lavé le linge sale en famille.

Tant bien que mal, le président et le directeur du syndicat ont expliqué leur stratégie. D’abord le constat : l’appellation est connue en France où elle est dans le top dix des AOC les plus vendues. Sauf qu’elle souffre de surproduction et n’est pas assez valorisée. Il y a 29 mois de stock. 40 % des bouteilles sont vendues à un prix inférieur à 3 euros en grande surface. Quant à l’export, il ne dépasse pas 7 % des volumes. D’où la nécessité de redresser la barre en se dotant d’un plan ambitieux.

« Notre objectif d’ici 2015 est d’augmenter les ventes tout en divisant par deux le volume de bouteilles vendues en dessous de 3 euros, de passer de 2 à 10 % des vins vendus entre 7 et 20 euros en grande surface et de tripler les volumes à l’export », explique Jean Lissague.

Pour y parvenir, il faut renforcer l’image et la notoriété, se doter d’une action commerciale plus efficace et d’un meilleur contrôle des vins. Le directeur du syndicat détaille les actions. Mais il est régulièrement interrompu par une salle conspuant un plan qui, selon certains, ne vise qu’à « faire disparaître les petits viticulteurs ».

Le calme revient avec l’annonce d’un projet moins coûteux que celui présenté le mois dernier. Le budget de la publicité internet est diminué de 55 000 euros par an. Le projet de créer un pôle œnotouristique est gelé. L’action « Ambassadeur export » est abandonnée. Mais le contrôle systématique des lots échangés en vrac est maintenu. Son coût sera mutualisé. À l’arrivée, la cotisation ODG grimpe à 1,85 €/hl au lieu de 2,30 €/hl. Soit une baisse de 20 % par rapport au projet rejeté en novembre. Mais une hausse considérable par rapport au montant actuel qui s’élève à 0,32 €/hl.

Philippe Novoa, du château Les Garelles, a appelé la salle à refuser le vote, tandis que le président incite chacun à « faire monter l’image de l’appellation et le niveau des viticulteurs ».

De son côté, Bruno Cazaufranc (château Champbrin) répète : « Nous n’avons pas les moyens financiers d’accompagner un projet aussi ambitieux. »
« Vous avez fait de l’argent un outil de discrimination », ajoute Christian Mériochaud, viticulteur à Saint-Christoly-de-Blaye (Gironde).

Franck Jullion (château Grillet-Beauséjour) reconnaît que le syndicat a été « maladroit » dans l’explication de son plan. Seulement voilà, l’heure n’est plus aux regrets : « Notre offre est trop importante par rapport à la demande. Il faut agir. »

Finalement, sur 343 votants, 190 disent oui à la nouvelle cotisation. À 19 h 15, on range les couteaux pour passer à l’apéritif. « Demain ne sera plus comme avant. Les petits viticulteurs se sont rapprochés des manettes du pouvoir du syndicat », confie Bruno Cazaufranc. Un avertissement.

C. G.

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