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Beaujolais « J’espère produire du bourgogne blanc cette année »

Publié le mardi 18 mars 2014 - 09h50

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En 2011, Benoît Chastel, installé à Charentay (Rhône), a vu trois de ses parcelles exclues de l’aire d’appellation Bourgogne. Il a adhéré à l’Association des producteurs de bourgogne en Beaujolais, laquelle a réussi à faire annuler le décret qui a exclu ses parcelles de l’aire. Il va revendiquer à nouveau du bourgogne blanc sur un hectare.

"Mes deux parcelles plantées en chardonnay ont été exclues de l’aire d’appellation Bourgogne en 2011 par un décret qui vient d’être annulé", déplore Benoît Chastel, un viticulteur installé à Charentay (Rhône). © D. B.

"Mes deux parcelles plantées en chardonnay ont été exclues de l’aire d’appellation Bourgogne en 2011 par un décret qui vient d’être annulé", déplore Benoît Chastel, un viticulteur installé à Charentay (Rhône). © D. B.

Benoît Chastel, viticulteur, exploite 13 ha à Charentay (Rhône). Il produit du brouilly, du beaujolais, du beaujolais villages et du beaujolais blanc. Au début des années 2000, il produisait également du bourgogne blanc et du crémant de bourgogne. En 2011, toutes ses parcelles de chardonnay ont été exclues de l’aire d’appellation Bourgogne par le nouveau décret de l’AOC Bourgogne. Pourtant, sa commune fait partie des 34, sur 85, maintenues dans l’aire de production du Bourgogne par ce décret.

Pourquoi notre viticulteur s’est-il vu refuser le droit de produire du bourgogne en 2011 ? « Le décret pris cette année-là prévoyait qu’il fallait trois ans de revendication continue. Or, mes deux dernières parcelles de 5 000 m2 chacune avaient été plantées en 2008 et 2010. Elles ne pouvaient donc pas y prétendre. »

Restait une autre vigne de 4 400 m2, plantée en deux fois, en 1998 et 2005. « Pour cette parcelle, il fallait respecter certains critères définis par l’Inao – et absents du décret d’appellation Bourgogne d’ailleurs – comme une pente de 4 % minimum et un substrat calcaire. J’ai reçu un courrier me disant que ma parcelle ne les respectait pas. Je ne sais même pas comment la décision a été prise, je n’ai vu personne. »

Moratoire de vingt-cinq ans

Il poursuit : « Un voisin a vu les techniciens de l’Inao. Pour définir si son terrain était calcaire, ils ont répandu un peu d’acide sur le sol ! Il n’y a eu aucun carottage, ni aucune analyse de sol pour personne. »

Cependant, les 4 400 m2 de Benoît Chastel n’ont pas été exclus de suite de l’AOC Bourgogne. En vertu du moratoire de vingt-cinq ans négocié entre les Bourguignons et les producteurs du Beaujolais, il a conservé le droit d’y produire du bourgogne blanc jusqu’en 2035.

Mais cela n’a pas suffi à notre vigneron : il a estimé que le sort réservé à ses deux autres parcelles, exclues de l’aire de production de l’AOC Bourgogne, était inéquitable.

Après un appel infructueux auprès de l’Inao, Benoît Chastel a donc rejoint l’Association des producteurs de bourgogne en Beaujolais (APBB). Cette dernière a porté le dossier devant le Conseil d’État. « Nous avions bon espoir d’avoir gain de cause », explique-t-il quelques jours après la décision du juge administratif d’annuler le décret de 2011.

« Les mêmes critères partout »

« Qu’il y ait des critères pour avoir droit de produire du bourgogne, c’est normal. Ce que nous demandons, c’est que les critères soient les mêmes partout. Toutes les vignes de Bourgogne ont elles 4 % de pente ? Pourquoi devons-nous justifier de trois ans de revendication ? On a voulu écarter un maximum de monde de l’appellation. »

Benoît Chastel pense à nouveau produire du bourgogne blanc sur ses parcelles de chardonnay. Il tient à rassurer ses confrères bourguignons. « C’est juste un petit complément de gamme. Pas un changement d’orientation commerciale. »

D. B.

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