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ANPAA Les noms de cuvée pris pour cibles

Publié le jeudi 11 décembre 2014 - 11h51

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Les noms de cuvée « Plaisir » ou « Nuits d’ivresse » seront-ils interdits par la future loi de santé publique ? C’est en tout cas, ce que propose l’ANPAA, parmi d’autres idées.

Le président de l’Association nationale pour la prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA), Alain Rigaud, a rencontré, le 3 décembre, le député PS Olivier Véran, rapporteur sur la loi de santé publique (qui devrait être débattue en mars ou en avril à l’Assemblée nationale). Au cours de ce rendez-vous, le président de l’ANPAA a présenté neuf amendements soutenus par l’association, faisant preuve d’une certaine dextérité à s’adonner à l’exercice du lobbying.

Si la plupart des amendements reprennent les positions traditionnelles de l’association de prévention, il en est un qui est une véritable surprise. Il s’attaque en effet aux noms des cuvées, dont certaines sont accusées de contourner la loi Evin en évoquant de trop près le champ lexical lié à l’hédonisme. Jamais l’ANPAA n’avait affiché une telle volonté de contrôle et d’intrusion. Elle souhaite « revenir à l’esprit originel » de la loi Evin, fait-t-elle savoir. Mais, avec cette proposition, l’ANPAA va incontestablement plus loin et s’attaque à la liberté des entreprises de choisir le nom de leurs vins.

ENCADREMENT DE LA PUB SUR INTERNET

L’ANPAA formule d’autres propositions, qu’elle a déjà soutenues par le passé. Elle remet ainsi le couvert avec l’encadrement de la publicité sur internet et propose d’autoriser son usage aux seuls producteurs pour présenter et vendre leurs produits. Cette proposition exclut de facto les réseaux sociaux, relais incontournables de la communication sur internet. L’ANPAA met les bouchées doubles pour défendre cette restriction et tire un signal d’alarme dont le ton peut paraître un brin caricatural. La loi Hôpital patients santé et territoire de 2009 (qui a autorisé la publicité sur internet, NDLR) « a ouvert une brèche dans laquelle les annonceurs se sont engouffrés. En 2013, le constat est alarmant : la toile est littéralement envahie de publicités en faveur des produits alcooliques », déplore l’association.

Autre amendement de l’ANPAA : harmoniser la taxation des boissons alcooliques. L’association remarque l’hétérogénéité de la fiscalité. Spiritueux et bières ont en effet été soumis à une augmentation des taxes récemment. Le vin a, pour l’instant, été épargné. L’association indique que « dans un souci de cohérence, il serait pertinent d’appliquer un système de taxation homogène qui se base sur les unités d’alcool contenues et non plus sur la nature ou l’origine de l’alcool ». Une revendication qui trouvera sans aucun doute un écho favorable auprès des spiritueux…

Marion Ivaldi
Vitisphère -La Vigne

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