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Agriculture et cancers Les premiers résultats de l’enquête Agrican sont rassurants

Publié le lundi 19 septembre 2011 - 11h58

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Les agriculteurs ont une plus grande espérance de vie que l’ensemble de la population. Sur la période 2006-2009, le nombre total de décès par cancer était plus faible chez eux. Cela s’explique essentiellement par leur meilleure hygiène de vie, notamment par leur moindre tabagisme.

Pierre Lebailly, épidémiologiste au Grécan - Centre François Baclesse à Caen. © C. STEF

Pierre Lebailly, épidémiologiste au Grécan - Centre François Baclesse à Caen. © C. STEF

Les agriculteurs ont-ils plus de risque de mourir d’un cancer ? A priori non. C’est ce qu’a dévoilé Pierre Lebailly, épidémiologiste au Grécan - Centre François Baclesse à Caen, le vendredi 16 septembre lors du symposium « Cancer et travail en agriculture », organisé à Tours (Indre-et-Loire) par l’Institut national de médecine agricole.

Lors de cette journée, il a présenté les premiers résultats de l’étude Agrican, portant sur une cohorte de 180 000 assurés agricoles. Durant la période 2006-2009, 11 213 personnes de cette cohorte sont décédées dont 3 338 à la suite d’un cancer. Comparé à l’ensemble de la population, c’est moins.

Les hommes et les femmes de la cohorte ont ainsi respectivement 27 % et 19 % moins de risque de décéder d’un cancer qu’un homme et une femme de la population générale du même département et du même âge.

La sous-mortalité est très nette en ce qui concerne les cancers liés au tabagisme : larynx, trachées, poumons, vessie… Les femmes de la cohorte ont également moins de risque de décéder d’un cancer du col de l’utérus (- 28 %), du sein (-25 %) et de l’ovaire (-11 %).

En revanche, on observe une légère surmortalité pour les cancers de la peau : + 1 % chez les hommes et + 6 % chez les femmes. Pour les femmes, on note également une tendance à la surmortalité pour les cancers de l’œsophage (+ 8 %), de l’estomac (+ 5 %) et du sang (+ 2 %).

Pour les hommes, il faut aussi souligner une surmortalité pour le cancer du sein (+ 123 %). « Attention, il s’agit d’un cancer très rare. Nous n’avons que neuf cas dans la cohorte. Ce n’est pas un excès significatif mais nous allons le surveiller pour voir si ce résultat se confirme ou pas », commente Pierre Lebailly.

Certes ces résultats sont plutôt rassurants. Ils s’expliquent en partie par une meilleure hygiène de vie des agriculteurs, notamment par le fait qu’ils fument beaucoup moins que le reste de la population.

A contrario le fait qu’ils travaillent à l’extérieur explique certainement en partie la légère surmortalité par cancer de la peau.

Pour l’instant ces résultats ne concernent que le taux de mortalité par cancer. Ils ne prennent pas en compte l’incidence des cancers qui se traduit par le nombre de nouveaux cas chaque année. De même dès 2012, Agrican prendra en compte certaines expositions spécifiques, ce qui permettra d’affiner ces résultats.

L’étude Agrican lancée en 2005 comprend des salariés, des exploitants, des retraités, des actifs, des hommes et des femmes. Tous sont issus de douze départements français disposant d’un registre des cancers : Calvados, Côte-d’Or, Doubs, Gironde, Isère, Loire-Atlantique, Manche, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Somme, Tarn et Vendée.

« Ils sont très représentatifs de la population agricole telle qu’elle est recensée par la MSA », précise Pierre Lebailly. La cohorte est composée d’une majorité d’homme (54 %). La moyenne d’âge est de 63 ans. À l’inclusion, 44 % des femmes et 55 % des hommes étaient en activité, avec environ 60 % d’entre eux qui exerçaient comme chefs d’exploitation. 20 % sont des viticulteurs.

L’étude Agrican va se poursuivre jusqu’en 2020.

C. S.

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Les commentaires (2)

Titre

lundi 03 octobre 2011 - 21h58

Merci pour cette information. A l'avenir vous seriez bien avisés de nous communiquer les tenants et les aboutissants de ces études, comme on le sait souvent "influencées" par les lobbies. Bien cordialement, F.G

vendanges
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Titre

dimanche 02 octobre 2011 - 19h21

Pourquoi cet article ne dit-il pas que l'étude Agrican est financé par l'IUPP, autrement dit l'Union des Industries de la protection des plantes ? Réponse de la rédaction de La Vigne : parce l'UIPP finance seulement 5 % du coût de cette étude.

vendanges
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